À la cuma d’Arvieu, on entretient la dynamique locale

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À la cuma d’Arvieu, on entretient la dynamique locale

Responsables et adhérent de la cuma d'Arvieu. De g. à d., dans le sens des aiguilles d'une montre: Benjamin Fau, administrateur, Christian Monteillet, administrateur, Adrien Capoulade, président et Mathieu Touzard, adhérent.

Pas de hangar, un salarié spécialisé dans l'élevage, des matériels en de multiples exemplaires, des adhérents de tous les âges : la cuma aveyronnaise d'Arvieu est atypique. Elle vient d'intégrer un nouvel adhérent, hors cadre familial. Le point… en équipe !

À mi-chemin entre Rodez et Millau, tout près du lac de Pareloup, la cuma d’Arvieu déploie un grand savoir-faire pour entretenir son dynamisme. Le secteur va bien : l’activité agricole est soutenue, avec notamment la production de lait de brebis pour le roquefort, et une production de bovin viande plutôt en repli. Mais l’agriculture n’est pas le seul pilier économique de ce secteur.Le tourisme et l’espace numérique pour les travailleurs indépendants contribuent à enraciner des actifs. Comme en témoignent les nombreux commerces dans le secteur. « Nous avons aussi la chance d’avoir deux forgerons et des agents », note Christian Monteillet, ancien président et membre du bureau de la cuma. Sans compter « des pratiques d’entraide qui perdurent, comme pour l’ensilage », souligne Benjamin Fau, administrateur.

Configuration originale à la cuma d’Arvieu

Adrien Capoulade, président depuis deux ans, explique que « la cuma évolue sur un vaste périmètre, autour d’une vingtaine de kilomètres. Nous n’avons pas de hangar. Mais nous avons organisé un réseau de responsables matériels. Tout s’articule autour de trois grands pôles géographiques qui structurent depuis longtemps l’activité de la cuma. Ce qui permet à beaucoup d’adhérents d’être directement impliqués. » La cuma emploie également depuis sept ans un salarié. Il est à disposition sur une douzaine d’exploitations pour les travaux d’élevage. Une configuration originale.

Sur les trois zones, le fonctionnement est soigneusement construit pour trouver l’équilibre entre efficacité et souplesse, optimisation des coûts et pérennisation des activités.

« Après une longue période où tout le monde se reposait sur quelques personnes, nous avons réorganisé les responsabilités lors d’une séquence de travail avec la fdcuma de l’Aveyron« , pose Adrien Capoulade.

Une organisation rodée

« Nous avons dédoublé les responsabilités. Nous organisons un Bureau élargi tous les trois mois pour les sujets du quotidien. L’ensemble des responsables (y compris matériel) se retrouve une à deux fois par an, et nous essayons d’équilibrer la représentation géographique. Et depuis longtemps, nous avons à cœur d’ouvrir les portes de la cuma aux nouveaux installés, d’aller les voir. »

Avec des exploitations globalement homogènes, autour de 80 ha de SAU, la dynamique est porteuse. Même si « toutes les exploitations ne se transmettent pas », souligne Christian Monteillet. La plupart des reprises sont familiales, et les adhérents de la cuma évoluent souvent dans des gaec familiaux.

La dernière recrue de la cuma, Mathieu Touzard, fait toutefois exception. Hors cadre familial, il a repris en 2024 l’exploitation d’un adhérent, qui a remué ciel et terre pour transmettre son exploitation. « Il s’agissait d’une exploitation de vaches à viande, je suis passé en brebis laitières », explique l’ancien salarié agricole. « La reprise aurait été infaisable sans la cuma », ajoute-t-il sans hésiter. Il adhère en premier lieu au tracteur de tête, puis intègre progressivement les autres activités de la cuma.

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Point matériels à la cuma d’Arvieu

Les quelque 80 adhérents de la cuma d’Arvieu se partagent le même nombre de matériels répartis en 45 activités, pour un chiffre d’affaires de 220 000 €. Trois tracteurs, beaucoup de matériels de travail du sol, mais aussi de transport (plateaux, bétaillère, fourgon), d’épandage (six épandeurs et deux tonnes), trois semoirs, deux épandeurs à chaux, quelques matériels de fenaison. Et de l’intercuma pour certains matériels. Les responsables, soucieux de faire coïncider tarif et fiabilité, sont également attentifs à faire travailler tous les artisans locaux.

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