« Sans les aides, nous aurions acheté une machine qui ne nous aurait pas convenu, tout simplement, affirme Cédric Pierre, adhérent de la cuma du Canton de Seilhac en Corrèze. La subvention nous a permis de choisir la machine correspondant à notre cahier des charges. Aujourd’hui, elle remplit ses objectifs. » Retour sur l’achat du semoir direct subventionné de la cuma.
Un nouveau semoir direct subventionné pour sécuriser les stocks fourragers
Lorsque cinq adhérents de la cuma réfléchissent au remplacement du semoir direct Bertini, il y a 5 ans, l’enjeu est de taille. « Il s’agissait de sécuriser nos stocks fourragers, tant en quantité qu’en qualité, avec de bons taux en protéines, poursuit-il. Sur le terrain, cela devait se concrétiser par un semoir capable de semer en direct dans des prairies, sans les inconvénients des disques en termes de pénétration en sol sec, ni ceux des dents (effet râteau). Il nous fallait des éléments semeurs robustes, sur parallélogramme, combinant dent et disque. »
Cahier des charges satisfait

L’élément semeur sur parallélogramme associant disque et dent : l’une des raisons pour laquelle il fallait ce semoir et pas un autre pour la cuma corrézienne.
Le constructeur deux-sévrien proposait aussi les quatre trémies distinctes de grands volumes avec leurs doseurs respectifs, autre point important pour la cuma. Le semoir devait pouvoir semer différentes espèces en un passage, parfois avec de l’engrais et de l’anti-limace. Vu la hauteur des trémies, les ravitailler posait un problème logistique.
« Novag a proposé un montage sur-mesure d’une grue lève sac, note Cédric Pierre. L’option coûtait cher, mais elle nous apporte sécurité et confort au quotidien. Sans l’aide financière, pas de grue, et sans grue, il aurait fallu un chargeur télescopique grande capacité. »
Le semoir a coûté 170 000 €. La cuma a bénéficié d’une subvention de 60 %. La prestation comprenant le chauffeur, le tracteur, le carburant et le semoir s’élève à 110 €/ha.
Succès technico-économique pour le semoir direct subventionné
Constats après la quatrième campagne : « Niveau agronomique, dans nos sols sablo-limoneux, le semoir assure des émergences rapides et régulières en toutes situations, en particulier pour les méteils semés en direct, commente Cédric. Lorsqu’on les ensile au printemps, quantité et qualité sont au rendez-vous. Après 3-4 années de sécheresse, implanter des méteils nous semblait la solution pour sécuriser nos stocks fourragers. C’est chose faite jusqu’à aujourd’hui, tout en améliorant notre autonomie protéique. »
Nouvelle dynamique
La maîtrise du semis direct apporte d’autres avantages : « Comparés à des itinéraires techniques avec travail du sol, nous avons des fenêtres d’intervention plus longues pour entrer dans les champs, ajoute Cédric. Nous gagnons aussi du temps et du carburant. »
Autre bénéfice lié à ce semoir subventionné. « Son arrivée a créé une nouvelle dynamique dans la cuma, apprécie Cédric Pierre. Nous échangeons davantage sur les sujets techniques et agronomiques. » Une dynamique qui se traduit par des chiffres. Pour amortir l’investissement, la cuma tablait sur 220 ha engagés. Aujourd’hui, l’outil sème 300 ha/an.
Un rendement fourrager doublé
Pour Guillaume Joie, éleveur de bovins allaitants en bio et adhérent à la cuma du canton de Seilhac, utiliser le semoir Novag apporte un vrai bénéfice. « La ration de mon troupeau contenait plus de maïs ensilage qu’aujourd’hui. Un aliment très énergétique qui impliquait des ajustements en apports protéiques, avec des intrants achetés très chers, relate Guillaume. Autre inconvénient du maïs, il requiert une implantation chronophage, coïncidant avec la période à laquelle récolter le foin. Enfin, le réchauffement climatique perturbe de plus en plus la bonne conduite de cette culture en Corrèze. »
Guillaume commence à produire du méteil avec travail du sol (labour, reprise et combiné de semis). Opération chronophage dans un parcellaire où les terres labourables sont comptées. Souhaitant un système plus en phase avec ses sols à faible potentiel, il essaie d’implanter du méteil dans des prairies avec le premier semoir direct de la cuma. « Les disques semeurs ne pénétraient pas assez dans le sol, le méteil était moribond, se souvient l’éleveur. L’enterrage ‘cross slot’ du Novag résout le problème. Les méteils poussent vite et bien. Ils donnent du volume à la première coupe et, à plus long terme, ils enrichissent la flore des prairies. »
Bilan : sur des prairies jugées en bout de course, Guillaume passe de 3-4 TMS/ha à 6 TMS/ha grâce aux méteils. Les légumineuses qui le composent apportent 16 % de matières azotées totales. « Plus diversifiée, la ration est plus équilibrée, souligne Guillaume. En réduisant la surface en maïs, j’ai le temps de récolter le foin à la période optimale pour en tirer la meilleure valeur nutritive. Je sécurise le stock fourrager hivernal et n’achète quasiment plus de compléments protéinés. »
Les bénéfices de l’investissement aidé
- Stock fourrager sécurisé grâce aux méteils et à leur bonne implantation ;
- Autonomie protéique améliorée ;
- Surface travaillée : 300 ha (+67 % par rapport au précédent semoir) ;
- Temps de travail et consommation de GNR réduits comparé à un itinéraire conventionnel ;
- Sol en meilleure santé ;
- Nouvelle dynamique au sein de la cuma.
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